

Lydie Parisse
Ecrivaine, metteuse en scène, plasticienne et maîtresse de conférences
Compagnie Via Negativa
(assoc. Théâtre au Présent)
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texte en cours et ​projet de création 2026
partition pour 4 acteurs
Roxane Borgna, Ludivine Bluche/Julie Pichavant, Yves Gourmelon, Nicolas Ehrsam
calendrier provisoire
2025
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2024
22 décembre. Berlin. La performance du 9 novembre a été reprise en format vidéo, et affichée sur le site du Réseau des Autrices : https://autrices-berlin.com/le-calendrier-de-lavent-du-reseau-des-autrices-decembre-2024/
9 Novembre. Montpellier. Une performance par l’autrice, à partir d’un extrait de la pièce, a été donnée pour la soirée d’anniversaire des 20 ans de la Baignoire, lieu des écritures contemporaines.
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Contexte d’écriture.
Ce texte sera édité au moment de la création de la pièce en 2026.
Ce texte est né d’une commande d’écriture par la FNCTA ( Fédération Nationale du Théâtre Amateur) dans le cadre du festival Cabaret à Clermont-Ferrand en 2022. Lydie Parisse avait écrit trois scènes qui avaient été répétées et jouées par une compagnie amateur, et la présentation publique, au festival, menée sur un rythme endiablé, l’avait convaincue, et lui avait donné envie de poursuivre le projet d’écriture de cette comédie. C’était en 2022. Deux ans plus tard, une nouvelle urgence s’est imposée de s’adresser aux générations futures, de trouver des ressources intérieures face au monde comme il va. L’idée du sous-marin s’est imposée.
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Résumé de la pièce.
L’action se situe en 3030 dans un sous-marin, rattaché à une base, bien loin au-dessous du niveau de la mer. On ne peut plus vivre sur la Terre, donc on vit sous la mer. Dans le SX Ultima 22, les personnages sont réunis pour la commission intergouvernementale 22 de Tentative de Ressuscitation globale, commanditée par la Matriarche Alfa, que personne n’a jamais vue. L’idée est de poser les fondements d’un nouveau gouvernement qui ne retombe plus dans les erreurs du Monde de la Surface, désormais réduit en cendres. Comme on ne peut exploiter la planète, vu qu’il n’y a plus de planète, on va se pencher sur les ressources intérieures. Le principe est de développer un nouveau marché, qui misera sur un « produit » aussi volatile que juteux : l’âme.
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Lorsque l’histoire commence, le SX Ultima 22, perdant contact avec la Base sous-marine qui abrite les submersibles, plonge toujours plus profondément vers les abysses. Dans les fonds sous-marins, personne ne sait ce qu’on va trouver : des restes du passé (débris de la Terre, traces de pollution) ou des amorces du futur, avec des créatures réveillées du fond des âges. Mais bien sûr, aucun des quatre membres de l’équipe n’est capable de voir ce qui se prépare. Ce qui va les guetter, c’est qu’en vivant un enfouissement toujours plus profond du vaisseau dans l’océan en furie, ils vont devoir faire l’épreuve de la perte, c’est alors que le mot « âme » prendra peut-être tout son sens, ce sera aussi le moment où extérieur et intérieur vont entrer en collusion. Le moment aussi où apparaîtra peut-être le sens de l’expression « toucher le fond », ou encore de cette sentence selon laquelle dans l’extrême abaissement s’obtient la force.
Note d’intention.
Ce texte est un texte dit « d’anticipation », mais il n’est pas une dystopie, car la distance dans le temps permet de regarder notre époque depuis le futur en imaginant peut-être ce qu’on aurait pu faire, ou ne pas faire. Le texte s’adresse aux générations futures, dans une énergie, non pas de déploration mais de joie, de recul intérieur, de résistance. Les gens imaginent plus facilement la fin du monde que la fin du capitalisme. C’est pourtant un défi auquel il est urgent de se confronter, au moins en imagination : c’est ce défi que SX Ultima 22 aimerait relever, modifiant la focale sur notre réalité actuelle pour poser des sondes à l’intérieur d’un sous-marin du futur. À travers une comédie futuriste, subaquatique et déjantée, Lydie Parisse souhaite parler du désordre écologique et politique de notre siècle, vu à travers les siècles d’après. Des personnages, rescapés et habitants d’un sous-marin du nom de SX ULTIMA 22, sont appelés à fonder de nouveaux gouvernements. C’est le moment où jamais de se poser les bonnes questions : qu’est ce qui aurait pu être évité ? Sur quelles bases pourrait-on repartir ? Il s’agit de faire entendre à la fois l’étroitesse du sous-marin et l’appel de l’infini, il s’agit de faire entendre à la fois la force de la contestation et la force du rêve, et surtout la joie d’être en vie. C’est, dans une certaine mesure, un texte de combat, mais par le moyen du poème.
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Le sous-marin.
Le SX Ultima 22 est un sous-marin du futur capable de descendre à mille mètres sous le niveau de la mer. Lors de sa remontée vers la surface pour l’opération « Horizons », il se retrouve coincé dans les récifs d’une île, près d’un incendie sous-marin, puis il se dégage grâce à un tsunami, jusqu’à se laisser glisser dans la dépression nommée « nombril de l’océan ». La fable subaquatique est nourrie de récits marins de notre littérature. Le projet tient autant de Jules Verne, de Moby Dick, de Brazil, des Vagues de Virginia Woolf, de 1984, de Fahrenheit 451, du Meilleur des Mondes, de Sous la glace de Falk Richter, des Torrents de Jeanne Guyon, de La Chambre interdite de Guy Maddin et de Eva Johnson, de l’Atlandide et de Géricault.
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Les personnages.
Une partition pour 4 acteurs/actrices
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Les personnages ne sont pas nécessairement tous incarnés sur scène, certains sont des voix, des apparitions, et ils peuvent en général être interprétés par des hommes ou par des femmes. Mais ni la présidente, ni la Matriarche, ni la commandante ne pourront devenir un président, un patriarche ou un commandant. Les personnages se définissent en général par leur fonction dans l’Archisystème, mais ils n’en sont pas moins humains et pourvus de prénoms.
Les personnages passent tous par différents stades, et aucun n’est donneur de leçons ni ne détient la solution miracle. Les questions sont laissées ouvertes aux spectateurs et aux générations de demain. Car ce texte, comme tous les textes de Lydie Parisse, s’adresse aux jeunes, aux collégiens, aux lycéens, aux étudiants. Il est ouvert vers les humains du futur, qu’il concerne notre rapport à l’autre, notre rapport à nos modes de consommation, notre rapport à l’information, et aussi notre rapport au langage, à la nature, aux animaux, à l’amour. Toutes ces questions sont abordées dans la pièce, et de larges espaces sont laissés à l’imagination des spectateurs-rices.
La Présidente de la commission 22 de tentative de ressuscitation globale
alias Hildegarde
ex- directrice d’agence de consulting dans le Monde de la Surface.
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Issue du privé, elle est une femme d’action, mais qui commence à douter de l’intérêt de la logique mercantile-utilitariste du milieu où elle a grandi. Une logique qui, selon le linguiste et philosophe George Steiner, dénature le langage depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Dès les premières scènes, un esprit de suspicion porte sur des missions pompeusement nommées « enquêtes de satisfaction », « optimisation du concept » ou « gammes de Lancement ». Peu à peu donc, le doute va s’installer dans l’esprit de la Présidente de la commission 22.
La Seconde
alias Angèle
maîtresse de conférences en Sciences de l’environnement de l’ex-université de Galway et militante écoféministe.
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Chercheuse, femme politique, écologiste et féministe, elle ne doute de rien, elle. Elle rêve d’unir humains et végétaux, dans une habitation nouvelle du monde, et propose d’expérimenter le mariage bio-climatique.
La Sonde
alias Jonas
artiste et docteur en théologie de l’ex-université de Göttingen.
Il est la nouvelle recrue : docteur-e en philosophie, artiste collectionneur-se de sphères, il-elle est parfois animé-e par d’étranges pulsions sacrificielles, à l’image de Jonas se jetant dans le ventre de la baleine.
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L’esprit critique et de critique
alias Patrick
ex-chef de la Résistance dans le Monde de la Surface.
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Par son expérience, il est un pilier de l’équipe. Autrefois chef de résistance dans l’ancien monde bétonné et militarisé, il soumet tout à son esprit critique (comme son nom l’indique) mais quand il s’agit des voitures, il y perd son latin
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La Commandante de bord
alias Hadewichj.
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Elle n'est pas incarnée sur scène, mais on entend souvent sa voix qui alerte l'équipage et les passagers au milieu des tempêtes et des maelstroms, une voix posée qui n'est jamais affectée par les aléas climatiques, car c'est son affaire de trouver des solutions, d'agir, de se faufiler.
La Matriarche Alfa
Archichose de l’Archisystème et Cheffe de l’Alliance Globale.
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De ce personnage hors-scène, il est souvent question à des moments-clés de l’intrigue. Sorte de PDG inconnaissable et inapprochable, elle n’a même pas besoin d’émettre des ordres pour qu’on lui obéisse, car ses subordonnés vont essayer d’anticiper ses désirs, pour étendre le plus possible, dans des domaines toujours plus novateurs, les ramifications de l’Archisystème. Jusqu’au moment où la machine vient à s’enrayer.
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La Marchande de sable de Bonne nuit les petits.
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La marchande de sable de Bonne nuit les petits est une version féminisée de la fameuse marionnette du marchand de sable qui attend sur son nuage pendant que Nounours va apporter le sommeil aux enfants dans la célèbre série des années 60 Bonne nuit les petits, (1963-1997) : un succès d’un demi-siècle et un grand classique des programmes de la télévision jeunesse !
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L’Émissaire.
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Personnage secondaire à la fois insolite et comique, il ou elle est le seul lien tangible de l’équipe du sous-marin SX Ultima 22 avec la base de L’Alliance Globale et avec la Matriarche Alfa. Le matin-même, la Matriarche a remis une lettre à l’Emissaire pour qu’il ou elle l’apporte à la Présidente de la commission. Que contient donc cette lettre ?
une voix.
une voix
une voix.
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Extrait.
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ACTE II. L’ACCIDENT
Scène 1. Dans la nuit des temps (extrait)
La Présidente de la commission 22, La Sonde, La Seconde,
L’Esprit critique et de critique, des voix.
Voix de la commandante de bord.— Allo, ici Hadewichj, votre commandante de bord. Le bâtiment s’est cabré littéralement sous le choc. (Un temps). Voie d’eau dans le compartiment des machines ! Vite ! L’éclairage de secours ! Tout l’équipage est plongé dans la nuit. Merci de rester à vos places et de garder le plus grand calme. Il semble que nous ayons percuté des récifs autour d’une île non répertoriée, cette île est entourée d’eaux rouges, nous vous en dirons plus dès que nous comprendrons la situation.
La sonde, en aparté.— Actionnez le for intérieur !
Votre for au sens de rempart, au sens de forteresse !
Une cache un refuge que personne ne peut nous prendre
D’où personne ne peut nous déloger
Un for au sens où on a foré un trou à l’intérieur de soi
(exalté, au public) Notre modèle c’est le ver
Le ver de terre
Lui qui tient les mottes de terre dans les champs
Sans lui il n’y a pas de sol, on est sans sol,
Souvenons-nous de la terre
Souvenons-nous du ver de terre
(égaré) Souvenez-vous
Le monde après la pluie
Le chant des astres
Les aubes chimériques
Bruits des autres passagers, bruits d’une foule dans les coursives.
Une voix (qui peut être celle d’un des personnages).— Suis-je un peuple à moi seul (e) ? Dans un peuple on ne se sent pas petit comme dans une foule, on se sent indispensable.
Une voix (qui peut être celle d’un des personnages).— Et si on allait tomber dans un gouffre ?
Une voix (qui peut être celle d’un des personnages).— L’océan a-t-il un fond ?
Voix de la commandante de bord.— Allo ? Ici Hadewichj, votre Commandante de bord. La lumière est revenue, mais on constate une grave explosion dans la chambre des pompes ! La coursive 3 est noyée ! Plusieurs blessés ! Merci de vous regrouper dans les autres coursives. Une violente explosion a pulvérisé les pompes 5 et 6, faisant gicler l’eau avec une force inouïe et emplissant la salle de torrents de vapeur brûlante. Nous avons néanmoins pu accéder au tableau de commande et bloquer les vannes d’arrivée. Sans la fermeture des vannes automatiques, la chambre entière aurait été noyée. L’équipe est mobilisée, tout est sous contrôle. Pas de panique. Nous vous tenons au courant de la situation.
La seconde, au public.— Les gens se tassent dans les couloirs, ne serrez pas trop s’il vous plaît, je suis adossée debout contre une barre verticale, la plateforme tangue sous mes pieds. Mon dos ! J’ai le mal de mer. Un homme veut s’accrocher à la barre, il a rayé mon visage de son bras, je trouve quand même que ce geste n’est pas possible, je lui dis :
– ce n’est pas possible, tout simplement pas possible.
Des gestes sont possibles et d’autres pas. Je suis soulagée, il a retiré son bras.
Juste à côté un type en casquette rouge mate un film sur l’écran de son mobile.
L’esprit critique et de critique, au public.—Á la surface de la mer, on voit des vagues de dix mètres de haut, de grands tourbillons, et par-dessus la mer, une autre mer, de brouillard cette fois, une sirène s’est mise à mugir, on pense que la fin des temps est arrivée, non ce n’est pas une sirène mais un klaxon, ça nous parvient de loin, comme étouffé, depuis la cale du sous-marin, là où les voitures sont parquées, on entend la voix de la commandante de bord, une voix tonitruante parmi les parasites assourdissants.
Voix de la commandante de bord.— Allo ? Ici Hadewichj. On recherche le propriétaire d’une Mercédès noire qui est devenue folle et se trouve actuellement au bord de la crise d’épilepsie. Préparez-vous à de fortes turbulences, le SX Ultima 22 est pris dans une tempête énorme, due à un incendie sous-marin. Préparez-vous à lire les consignes de sécurité affichées dans vos chambres, repérez les points de rassemblements sur les plateformes depuis vos coursives, que chacune et chacun mémorise son numéro de plateforme, avant de rejoindre au plus vite sa chambre.
La présidente de la commission 22, au public.— Les coursives sont vides dans la nuit, on s’y élance tous les quatre, on marche en titubant jusqu’à la plateforme 7, on est seuls, les autres passagers ont sans doute rejoint les parties collectives, le bar ou le restaurant. On se dit au revoir avec les deux autres.
L’esprit critique et de critique.—Au revoir !
La sonde.— Adieu !
Ils sortent.
La présidente de la commission 22, au public.— On se tasse deux par deux dans nos chambres, ça tangue fort en cabine, mais on n’a pas à se plaindre, la nôtre est joliment décorée, tout en teck, avec un tableau représentant un vol de mouettes sur fond turquoise, on ferme à clé les armoires pour éviter la voltige de nos objets.
Voix de la commandante de bord.— Allo ? Ici Hadewichj, votre Commandante de bord. Merci d’obturer les hublots pour ne pas gêner la navigation, et de vous allonger sur vos couches. Vous pouvez passer vos pyjamas. Nous allons vous envoyer la marchande de sable.
Le haut-parleur passe la musique du générique de la série des années 60 « Bonne Nuit les Petits ».
La présidente de la commission 22, n’écoutant pas la musique.— Ces trombes énormes contre les hublots ! Et s’ils venaient à se briser !
Elle s’adresse à la Seconde.
D’où tu sors ce livre ?
La seconde.— J’ai quand même trouvé La Nuit des temps.
La présidente de la commission 22.— Barjavel en collection Poche, tu n’as rien trouvé de mieux à lire ?
C’est peut-être notre dernier soir ensemble dans ce monde,
on vient peut-être de prendre au bar notre dernier jus d’ananas
notre dernier pâté de thon,
on était seules au bar
on n’a pas écouté le garçon qui se moquait de nous,
on s’est tenus la main pour ne pas tomber dans les couloirs vides,
c’est peut-être notre dernier soir ensemble,
notre dernier soir tout court,
et tu ne trouves rien de mieux à faire que de lire La Nuit des temps ?
La seconde, l’interrompant.— Écoute !
Un temps.
La présidente de la commission 22.— Ces secousses, ces bruits sourds !
Un temps.
On dirait que l’Ultima 22 a percuté un rocher,
ou une falaise,
ou un glacier,
écoute !
Un temps.
Le moteur s’est arrêté !
La Seconde.— Au moins on mourra ensemble, c’est peut-être ce qui peut nous arriver de mieux.
Voix de la commandante de bord.— Allo ! Ici Hadewichj, votre Commandante de bord. Nous sommes touchés à l’avant ! Chambre des torpilles noyée ! Reposons par 60 mètres de fond. Gîte 32. Attendons instructions. Alerte au poste des scaphandriers, rassemblement immédiat de l’équipage, dans la chambre d’immersion, en équipements de plongée.
Une explosion d’une rare violence interrompt brusquement la communication et plonge le sous-marin entier dans l’obscurité. Puis, le son revient.
Voix de la commandante de bord.— Allo, que les passagers gardent leur calme. Quatre turbos sont en miettes. Nous mettons en marche les groupes électrogènes de secours et branchons les turbos restants sur l’installation. Nous parons aux dispositifs de sécurité. Nous lançons les moteurs à plein régime.
La seconde, l’interrompant.— Écoute !
Un temps.
La présidente de la commission 22.— Ce silence, c’est pas possible !
Un temps.
Ce silence !
La Seconde.— On va allumer la télé. Passe-moi la télécommande.
Un temps.
J’ai trouvé un documentaire animalier en je ne sais combien d’épisodes, ça va nous aider à passer la nuit.
Un temps.
Regarde Hildegarde ! Nous voici en pleine réserve africaine, ça fait drôle, pendant toutes ces années loin de la Terre nous n’avions plus vu d’animaux.
La présidente de la commission 22.— La musique est entraînante, mais c’est un peu anxiogène, la savane est complètement inondée, comment les babouins vont faire pour survivre ?
La Seconde.— Regarde Hildegarde ! Vois comme ils sautent de leur arbre à des hauteurs impressionnantes pour aller se nourrir, on dirait des oiseaux ! Et ces zèbres, ils vont devoir traverser le fleuve en furie !
Sur le ton d’un commentaire sportif.
Regarde Hildegarde ! La zébresse est emportée par les flots, son compagnon n’y tient plus, il se détache du troupeau, il court le long de la rive pour sauver sa dulcinée, il ne peut pas sauter dans les tourbillons, alors il court le long de la rive, il lui lance des appels à tenir bon, il lui lance des appels au courage, alors elle se ressaisit et dans un effort surnanimal, elle réussit à rejoindre la rive où il la récupère, happy end, bravo ! Ils s’embrassent follement sous nos yeux, on en pleure presque.
Elle se jette sur sa compagne et l’embrasse.
Je monte le son, mon lapin !
La présidente de la commission 22, les larmes aux yeux.— Tu as raison Angèle, chaque animal est un personnage.
La seconde.— Regarde Hildegarde ! L’entraide entre espèces, tout le contraire de la loi de la jungle qu’on nous enseigne depuis notre plus jeune âge !
La présidente de la commission 22, agitée.—
Écoute le grondement des flots déchaînés, le fracas des vagues que le sous-marin prend de front dans la nuit !
Il essaie de descendre, mais on a l’impression qu’il est coincé à la surface !
La seconde.— Viens ! Concentre-toi sur le film !
La présidente de la commission 22, de plus en plus agitée.— Au moins, le film couvre le hoquet des gens qui vomissent dans les chambres voisines.
La seconde.— Regarde Hildegarde ! Le film montre les circuits de solidarité à l’intérieur des espèces, fauves, éléphants, babouins, chacals, tout le monde s’entraide, c’est magnifique !
Un temps.
De tout l’univers, de toute éternité, il n’y a qu’une seule aventure, celle de la vie, et nous en faisons partie !
La présidente de la commission 22, les larmes aux yeux.— Tu as raison, ma chérie,
nous en faisons partie !
Un temps.
Écoute !
Un temps.
Peut-être qu’ils ont mis les moteurs à fond pour nous éviter d’être couchés sur le flanc.
Écoute ! On croirait qu’un mur se fracasse contre la coque !
Un temps.
On a dû heurter un énorme rocher,
ou une falaise.
Elle se bouche les oreilles.
Je ne supporte plus ce bruit de raclement,
ce n’est pas humain !
Quelle angoisse ! On est en train de vivre le Titanic !
La seconde.— Allonge-toi. Je monte le son de la télé ! Je lance l’épisode 2 !
Un temps.
Au public.
Elle s’est endormie.
La Seconde chante.
Dodo, l’enfant d’eau,
l’enfant dormira bien vite,
Dodo, l’enfant d’eau,
l’enfant dormira bientôt.
Un temps.
La Présidente de la commission 22 se réveille.
La seconde.— Il est tard Hildegarde. On regarde quand même le début de l’épisode 3 ?
(. . .)
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